PLIAGES

Archipel 19 continue son voyage autour des multiples diversités qui nous entourent. Cette saison, nous nous attachons à la diversité générationnelle.

Nous nous glissons entre les âges et explorons les recoins qui éloignent ou rassemblent les générations. Nous déployons le drapé des ascendances et des descendances. Nous enroulons et déroulons le temps qui passe et laisse des traces. Nous sondons les plis et les replis du cœur et du corps au gré des jours.

Les plis des rides qui apparaissent sur le visage à force de sourire ou de hausser les sourcils. Les plis dans les cuisses potelées d’un bébé. Les sillons de la vie, creusés par les expériences qui s’accumulent. Les sinuosités qui s’immiscent dans les familles et façonnent les héritages.

Le pli, c’est ce qui surgit au milieu quand on rabat deux surfaces l’une contre l’autre, ce qui est caché dans le creux et qu’on ne voit plus, ce qui donne sa structure à la forme. Le pli, c’est l’unité de la matière, l’infinité des strates. Le pli, c’est ce qui connecte les deux parties d’un tout. Ce qui divise et multiplie. Le pli, c’est l’image que nous avons choisie pour parler de la diversité intergénérationnelle.

La diversité intergénérationnelle est une question présente depuis longtemps sur notre territoire où la démographie montre à la fois une moyenne d’âge élevée et un rajeunissement important de la population. Avec la crise du covid, la question apparaît sous un autre angle et certains ont même parlé d’opposition entre les générations. Les jeunes ont été enfermés pour protéger les personnes plus âgées qui ont par ailleurs été parfois infantilisées dans le traitement qui leur a été réservé.

Il y a pourtant tant à apprendre quand les générations se croisent et partagent leurs vécus. Comment alors, concilier la jeunesse et la vieillesse ? Comment recréer du lien et cultiver la ligne du temps qui passe ? Comment se connaitre et s’inspirer mutuellement pour mieux être au monde, chacun dans sa période de vie ?

Pour explorer ces questions, nous raccrochons à ce fil rouge plusieurs propositions.

Parmi elles, des spectacles :

  • « Comme une lance », la nouvelle pièce de théâtre de René Bizac qui sera créée dans nos murs et parle du lien entre un fils et sa mère, à la frontière entre le souvenir et l’imaginaire.
  • « We should be dancing », un spectacle de danse expérimentalo-comique qui explore la gestuelle des enfants et questionne le gout de l’aventure, la soif d’apprendre et la spontanéité.
  • « Alzeihmer-project », l’enquête d’une jeune femme sur la maladie de sa grand-mère, comme une ultime déclaration d’amour et une invitation à déplacer notre rapport à la mémoire, à la présence, à la maladie, à la mort, au sacré.

Mais aussi :

  • « Une vie démente », le premier long métrage d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, où la maladie dégénérescente d’une femme vient chambouler les projets de famille de son fils.
  • Un Babel-bar avec l’écrivain Thomas D’​Ansembourg sur son livre “Notre façon d’être adulte fait-elle sens et envie pour nos jeunes ?”
  • « Passeurs d’histoires », un projet scolaire intergénérationnel où les élèves échangent leurs expériences avec des personnes âgées à travers des ateliers de slam.
  • Un projet vidéo où les jeunes d’Hunderenveld racontent leurs vécus actuels et les replacent dans le contexte de la société.
  • Des connexions entre le cirque contemporain et le cirque traditionnel pour questionner les héritages qui se transmettent entre les générations d’artistes de cette discipline.
  • Et bien-sûr des origamis, pliages gigantesques ou minuscules, dehors ou dedans, en papier ou en textile, orchestrés par l’artiste plieur Dewi qui donnera à notre fil rouge son identité visuelle.

D’autres choses se rajouteront au fur et à mesure, tenez-vous au courant et rejoignez-nous pour une saison en plis et entre les âges…