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dim 01.11.20 - jeu 31.12.20
Archipel 19 | Place de l'Église, 15 1082 Berchem-Sainte-Agathe

MACHINES À MOTS ET VILLE DE PAPIER

Pour La Ville des mots 2021, les artistes de Papier Machine posent leurs valises dans le Nord-ouest du 26 octobre au 15 novembre. Avant d’arpenter le territoire pour en extraire les mots qui le font, ils nous livrent ici quelques idées, envies et ressentis.

Bonjour Papier Machine. Comment ça va aujourd’hui ?

Difficile de répondre. Sur quoi porte la question exactement ? Sur le verbe aller ou sur le présent ?

C’est quoi Papier Machine, c’est qui ?

Papier Machine est une aventure éditoriale multi-têtes mais avec trois cous solides pour en assurer la tenue : Valentine Bonomo, Lucie Combes et Aldwin Raoul. Elle est née en Belgique, il y a sept ans de l’amour du papier, du bizarre et de la langue. Papier Machine est une revue profondément imprimée et qui s’entiche tous les six mois d’un mot dont la banalité peut facilement paraître déconcertante (oeuf, coin,manche, tourniquet, trappe, éponge pour ne citer qu’eux parmi les dix numéros) même s’il finit toujours par révéler des facettes insoupçonnées. C’est pourquoi deux fois par an, elle nomme un nouveau mot rédacteur en chef. Un mot, pas un thème, ce qui lui permet de porter la lampe dans des coins reculés du vocabulaire et de dénicher des idées et pensées insoupçonnables. Sous prétexte de décortiquer le mot et de donner à lire et à voir un aperçu des divers univers qu’il peut contenir, elle rassemble dans sa centaine de pages une trentaine de contributeur·rices venus d’univers différents, de la cuisine à l’art conceptuel en passant par l’astrophysique et la littérature sans oublier le dessin, le découpage et la philatélie. 

Qu’est-ce qui vous inspire ?

 Comme nous-mêmes ne venons pas des mêmes univers et ne sommes pas nourri·es de la même soupe, ça fait beaucoup d’inspirations. Mais il faut bien admettre qu’on voue des cultes communs à tout un tas de gens, à commencer par les fondateurs du Daily Bull mais aussi au taxidermiste de génie qui a réalisé le lion de Gripsholm et à celleux qui ont créé les traducteurs automatiques, ces générateurs de textes parfois savoureux.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au projet Ville des mots avec nous ?

En 2017, on s’est lancé·es dans une entreprise diabolique : réaliser une grande Anticlopédie qui à l’instar de son aînée l’encyclopédie, a pour vocation de porter un regard organisé sur le monde. Si vous ne savez pas encore ce qu’est l’Anticlopédie et de quel type de regard et d’organisation il s’agit, vous ne tarderez pas à le savoir. C’est en effet précisément pour avancer de notre démarche boiteuse sur le chemin du savoir (chemin que nous empruntons néanmoins avec sérieux, la langue sous le bras et la rigueur toute subjective) que nous avons eu envie de participer à la Ville des mots avec vous. Le contexte est parfait pour cela. Des villes, des gens qui les habitent et les pratiquent et des mots, partout, dans le désordre, et sans doute en bien plus grand nombre que dans un dictionnaire. C’est avec eux que nous jouons pour interroger les codes du savoir et de la science en nous mettant en situation d’observation participante, en vivant là. Et puis le thème du voyage permet d’aller questionner plus loin encore ce que les mots font au regard. C’est particulièrement réjouissant et enthousiasmant. Sans parler que ce voyage n’est pas un voyage comme les autres, comme dirait l’autre, c’est un voyage local, un voyage de saison.

Du 26 octobre au 16 novembre, vous allez passer trois semaines en résidence à Archipel 19. Ce sera votre QG pour explorer du Nord-Ouest. C’est quoi votre programme ?

 Vous comprendrez qu’étant donné la nature de notre entreprise, le protocole ne puisse être rendu public. Sachez simplement que d’abord, nous approcherons ces territoires étrangers en simples observateur·rices, tâchant d’aiguiser le regard, de sentir et d’entendre. En somme, on va faire une sorte d’enquête guidée par l’aléatoire et l’envie du moment : trainer dans les bibliothèques, les bars, dans les parcs et les boulangeries. Bien entendu, nous lirons, nous questionnerons, nous rencontrerons mais qui et dans quel ordre… Tout ce que nous savons, c’est que cette étape nous amènera à sélectionner des mots et des sujets que nous souhaiterons creuser et qu’enfin nous écrirons la nuit, le jour, jusqu’à ce qu’Anticlopédie soit et Anticlopédie sera. (Et ce sera joyeux ) !

Comment vous projetez-vous dans le secteur culturel ?

L’agenda de Papier Machine, c’est plutôt un horizon. Un horizon où l’on pourra regarder de loin les 1200 volumes de l’Anticlopédie en soupirant d’aise du travail bien fait. Pour ensuite se dire que maintenant, il faudrait peut-être commencer à aller toquer aux portes et les vendre. Avant de mourir d’épuisement. Et de ravissement.

Vous vous retrouvez avec toute l’équipe de Papier Machine sur une île pour préparer votre prochain numéro. Vous emmenez quoi avec vous ?

Des chips, pour la convivialité.
Et du boudin, pour le fer.
Et aussi Jamais Seul de Marc-André Sélosse ou La Fin de l’exotisme d’Alban Bensa.

En savoir plus : www.papiermachine.be

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