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dim 01.11.20 - jeu 31.12.20
Archipel 19 | Place de l'Église, 15 1082 Berchem-Sainte-Agathe

RENCONTRE AVEC JÉRÉMIE PICHON

Jérémie Pichon, auteur, militant et illustrateur, sera à la salle des fêtes de Berchem-Sainte-Agathe le mercredi 9 décembre pour nous parler de sa famille (presque) zéro déchet. Hélène Janssens et Sophie Dumoulin l’ont eu au bout du fil pour poser quelques questions à cet orateur joyeux, convaincu et révolté.

Jérémie Pichon, tu as fait de nombreuses conférences, ton nom est assez connu. Peux-tu te présenter en trois mots ?

Citoyen : c’est écolo parce que selon moi, quand tu habites sur terre, tu es écolo de facto. Ça ne concerne pas qu’une petite tranche instruite de la population.
Militant : car ça fait vingt ans que je bosse en ONG, que j’écris des bouquins et que je fais tout ce que je peux pour essayer de convaincre tout le monde qu’il faut faire quelque chose. Même si tout va à l’inverse, donc je ne dois pas être très bon (rires).
Et papa : ma grande motivation, c’est les enfants. Qu’est-ce que je leur donne, qu’est-ce que je leur laisse, qu’est-ce que je leur dis ?

Peux-tu nous définir ce qu’est le zéro déchet ?

Le zéro déchet, c’est ne plus avoir de poubelle chez soi, c’est donc changer ses habitudes de consommation. Je préfère dire PRESQUE zéro déchet parce qu’en ayant réduit les déchets alimentaires et certains déchets de consommation, je me rends compte qu’il en reste quand même. C’est le système entier qui permet cela. Ne plus avoir de déchet, ce n’est malheureusement pas suffisant pour faire la transition écologique. Il manque plein de choses encore autour du logement, du transport, des loisirs. On manque d’une solution collective, sociale qui permette de le faire.

Y a-t-il eu un déclic qui t’a fait passer à l’action ?

La plupart des prises de conscience se sont faites grâce à des explications de gens. J’ai eu un prof d’histoire en terminale qui m’a ouvert les yeux sur ce qu’était la vraie histoire, la colonisation de l’Algérie par la France – le Congo pour vous. J’ai eu des rencontres quand j’étais étudiant en histoire comme Paul Ariès, un décroissant. J’ai travaillé avec Nicolas Hulot pendant 5 ans, qui m’a ouvert les yeux sur plein de choses. David Servan-Schreiber qui a écrit Anticancer en 2008, qui m’a ouvert les yeux sur l’alimentation, le bio et la catastrophe de ce qu’on mange aujourd’hui. Ce sont des personnes convaincues qui transmettent des messages, elles m’ont amené à passer à l’acte, à changer mes habitudes. Quand on fait une démarche écologique personnelle, c’est deux temps majeurs. D’abord, c’est la prise de conscience : on percute. Ensuite vient le passage à l’action. Je pense aujourd’hui être devenu une de ces personnes-là, c’est-à-dire qu’on est des passeurs, comme en montagne : les anciens passaient aux plus jeunes.

Comment ça se passe chez toi en famille ?

Mes enfants sont nés dans une famille qui était en action. Ils ont toujours grandi dans des logiques de boîtes à pique-nique et de gourdes, d’acheter d’occasion et d’aller à la ludothèque. Leur vie se passe très bien ; ils mangent toujours, ils jouent et voient des potes. Ça mène à l’autonomie. Ma fille de 12 ans s’est inscrite sur Vinted. Elle gère toute seule la vente et l’achat d’occasion. En tant que père, je suis ravi. J’espère juste qu’elle va pas faire n’importe quoi avec mon compte PayPal (rires). Face à la crise actuelle, les enfants sont dans une action-réaction et le font très bien. Il faut pas les sous-estimer, au contraire.

Quelle est ta motivation pour garder le cap dans cette aventure ?

Ne pas regarder les infos mainstream. Aujourd’hui, on est dans un journalisme qui n’en est plus un, c’est uniquement de l’information de commentaire, en permanence. Les chaînes d’infos en continu, BFM, etc. vous racontent ce qu’il faut penser et retenir du monde et vous rabâchent ça toute la journée pour que ça rentre. Le journalisme actuel éteint la pensée et l’analyse. Il faut aller vers des vrais médias et il n’y en a plus beaucoup. Moi, je regarde une interview sur Thinkerview, je lis un article dans Socialter ou je lis des livres, par exemple en ce moment, Bernard Stiegler, le philosophe. Je sélectionne mon info. Avec ça le web est un avantage car on peut sélectionner. Quel est le frein qui peut survenir quand on veut se lancer dans le zéro déchet ? C’est compliqué de vivre dans ce système tout en le comprenant et en essayant de lutter. Le frein, c’est le système. On n’a pas le choix, on est confronté tout le temps. Je vais mettre de l’essence Total qui vient d’Afrique dans ma voiture. C’est schizophrénique et on est tous là-dedans. Entre ce qu’on fait et ce qu’on devrait faire, il y a un grand écart qui parfois psychologiquement est très dur.


LE DENTIFRICE ZÉRO DÉCHET DE JÉRÉMIE :
« C’est juste un assemblage de deux poudres : bicarbonate de soude et argile blanche, quelques gouttes d’huile essentielle et on a un dentifrice pour le mois. C’est même plus moi qui le fait, c’est mes enfants. Ça coûte trois fois rien et ça marche très bien ; en plus, c’est bon pour la santé. »


Réservations pour la conférence du 9 décembre :
Via l’onglet « Ticket » ci-dessus.

Infos :
02 469 26 75 – inscription@archipel19.be

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